Denise Boulet Demers
En novembre 1999, mon mari et moi prenions la route pour la Floride, comme nous l’avions fait chaque année, depuis 12 ans. Avant même de prendre le départ, je ne me sentais pas très bien, mais j’avais hâte de me retrouver au soleil et sous un climat plus doux. Dès le mois de janvier, je ne pouvais plus m’exposer au soleil car cela me donnait des démangeaisons terribles au niveau de la peau. Je passais de très mauvaises nuits, avec des crampes et des vomissements – je me sentais loin de mon pays. Un matin je me suis réveillée et mon visage et mon corps avaient enflé au cours de la nuit, doublant presque de volume. Après une visite chez le médecin, suivie d’une série d’examens et d’analyses sanguines, on me recommanda de rentrer au Canada immédiatement, où les résultats des analyses confirmèrent que je souffrais d’insuffisance rénale.
C’est alors que commencèrent mes traitements de dialyse, ou plutôt « l’enfer de la dialyse » comme je l’ai toujours appelée. Quatre heures pas jour, trois fois par semaine, je me sentais triste; je sombrais dans un gouffre.
J’ai du mettre ma vie en suspens
Il y avait beaucoup de patients en dialyse qui étaient encore plus malades que moi. Plusieurs avaient peu de chances de retrouver une vie normale. Même si j’avais beaucoup de difficulté à m’ajuster à ma nouvelle réalité, j’étais aussi désolée de leur état que du mien. Notre seule chance était une greffe rénale.
En silence, dans la solitude, je priais autant pour eux que pour moi-même.
Comment accepter toutes ces privations imposées ? Ce sentiment de fatigue constante ? La dialyse toutes les 48 heures ? Ne pas avoir le plaisir de passer du temps avec ma famille et mes amis ? Je percevais la dialyse et mon état comme une injustice et non comme une maladie. Ce qui est le plus difficile à supporter, c’est l’inconnu. On peut vous appeler pour une greffe rénale demain, ou le mois prochain, dans cinq ans ou jamais. C’est cette attente qui fait le plus mal.
J’ai été parmi les chanceuses
Le 11 avril 2000, à 8 h 22, mes prières ont été exaucées. Un infirmier m’a appelé pour me demander de me rendre immédiatement au département des transplantations. À 22 heures, entourée de mon mari et de mes enfants, je me préparais pour l’opération qui allait m’apporter le plus beau cadeau qui soit : un nouveau rein et ma libération de l’enfer de la dialyse.
Je me suis réveillée le lendemain matin et une nouvelle vie commençait
Aujourd’hui, je n’ai que des louanges à faire au personnel médical qui m’a sauvé la vie et qui s’est occupé de moi pendant que j’étais en traitement de dialyse. Je ne sais comment exprimer ma gratitude à mon mari, mes enfants et mes amis dont le soutien inébranlable m’a permis de traverser les moments les plus difficiles. Je n’exprimerai jamais assez ma reconnaissance envers le donneur qui m’a redonné une vie normale. Je suis aussi reconnaissante envers la recherche rendue possible grâce à La Fondation canadienne du rein qui contribue grandement à améliorer la vie des patients en traitement de dialyse et celle des greffés. C’est la raison pour laquelle il est si important que vous fassiez un don à La Fondation canadienne du rein, membre de Partenairesanté-Québec. Votre contribution servira à l’éducation des patients, les services de soutien, appuyer la recherche, et bien d’autres avantages pour les patients et leur famille.
Donnez. Vous changerez et sauverez des vies.
Denise Boulet Demers


