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Pierrette McLean
Maman de Suzanne

«Jusqu’à l’âge de 25 ans, ma fille Suzanne vivait pleinement sa vie, comme toute autre jeune femme de son âge ... »

Ma fille Suzanne était d’une forme resplendissante et son goût pour l’aventure l’avait même amenée à faire le tour du monde en vélo, soit 20 000 km
en 18 mois! C’est pourquoi, en célébrant son 25e anniversaire, j’étais loin
de me douter de ce que la vie allait lui réserver.

À peine un mois après son retour, ma fille se sentait mal. Fatigue, nausées, vomissements, tous ces symptômes ne laissaient rien présager de bon.
Les médecins lui annoncèrent que ses reins ne fonctionnaient plus.
Le lendemain, elle était branchée à un appareil d’hémodialyse pour purifier
son sang des toxines et des déchets qui empoisonnaient son organisme.
La dialyse s’avérait nécessaire pour sa survie, de toute urgence, et ce,
jusqu’à la fin de ses jours.

J’étais atterrée! Je me revois encore dans le bureau du médecin essayant
de comprendre ce qui arrivait à ma fille. Je n’avais aucune idée de ce qu’était
la dialyse. Naïvement, je croyais que les médecins allaient la guérir, qu’il y avait un remède. J’ignorais alors que l’insuffisance rénale était un mal qui s’installait à vie.

Au début, Suzanne devait se rendre à l’hôpital trois fois par semaine, à raison de quatre heures chaque fois, pour subir des traitements d’hémodialyse.
Je l’accompagnais souvent. Elle était abattue et déprimée. Cette forme
de traitement lui convenait mal, elle qui avait toujours été sportive.

Un autre traitement, développé grâce à certains travaux de chercheurs canadiens, lui fut offert : la dialyse péritonéale ambulatoire. Cette forme
de dialyse peut s’effectuer à la maison en insérant un cathéter
dans l’abdomen. Suzanne apprit bien vite à faire ses propres traitements
et devint presque autonome.

Je fus heureuse de voir que ce traitement redonna à ma fille la joie de vivre. Libérée de ses visites à l’hôpital, elle entreprit la traversée du Canada à vélo, le 28 mai 1994, dans le but de sensibiliser la population au don d’organes
et afin de recueillir un million de dollars pour la recherche sur les greffes rénales, seul espoir d’aspirer à une vie normale pour les personnes atteintes d’insuffisance rénale.

Animée par son courage, je me dis que je devais, moi aussi, faire ma part.
Je décidai de verser un don annuel à La Fondation canadienne du rein
pour contribuer, à ma façon, à l’avancement des travaux de recherche.
C’était bien, mais trop peu, à mes yeux, comparativement à ce que Suzanne investissait en temps et énergie.

C’est à ce moment que, à l’occasion d’un discours de Suzanne, je fis connaissance avec la mère d’un garçon qui avait reçu un rein de son frère adoptif. Jusqu’alors, comme Suzanne était ma fille adoptive, je tenais
pour acquis qu’il ne m’était pas possible de lui faire don d’un de mes reins.
Mais après cette conversation, je résolus de passer un test qui, à ma grande joie, révéla que nous étions compatibles. Il n’en fallut pas plus pour me convaincre de donner, moi aussi, un rein à ma fille et, ce faisant, de lui faire
le plus beau des cadeaux : celui d’une vie presque normale. C’était le 10 avril 1995. Depuis ce jour, « Pierretta » (c’est le nom que nous avons donné au rein greffé) permet à Suzanne de vivre une vie très bien remplie.

Vous savez, et je l’ai durement appris, personne n’est à l’abri d’une maladie rénale. De plus, elle peut se manifester à tout âge. Sans la recherche
sur le traitement des maladies rénales et les greffes, ma fille ne serait
peut-être pas en vie aujourd’hui.

Mme MacLean est bénévole à La Fondation canadienne du rein depuis plusieurs années. Sa fille Suzanne a reçu l’aide financière et le support
de la fondation.


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