Raymonde Barré
Personne atteinte de la sclérose en plaques
Région de Montréal
Il y a six ans, ma vie a fait un virage à 360 degrés : on m’a annoncé que j’avais la sclérose en plaques.
Je ne savais même pas ce que c’était et cela a été un vrai choc, mais au moins, je savais que ce n'était pas un mal imaginaire. Je suis retournée chez moi,
dans mon appartement du deuxième étage, avec vingt-six marches,
pas d'ascenseur et aucune place pour un fauteuil roulant. Je tombais souvent et j’avais de la difficulté à marcher. Je pleurais beaucoup; j'étais en colère
et déprimée. J'étais incapable de travailler et j'ai dû quitter mon emploi.
Je dois vous dire que pendant trois ans, mon médecin me disait que mon état résultait de l'arthrite, l'arthrose et la ménopause. Quand j'ai changé
de médecin, je lui ai dit : « Docteur, j'en ai assez! Trouvez ce que j'ai! »
Alors, il m'a fait voir deux spécialistes.
Par la suite, on m’a fait voir un psychiatre spécialisé en SP. Et ce dernier m'a dit : « Vous ne faites pas une dépression, mais vous avez eu un choc émotif
très violent. Maintenant, il faut vous faire à l’idée que vous aurez beaucoup
de deuils à faire ». C'est alors que j'ai contacté la Section Montréal
de la Société canadienne de la sclérose en plaques et que je me suis informée.
Après six ans avec la SP, ma vision des choses a changé. Je fais des activités dont la chorale et des exercices. Je fais aussi partie d'un groupe d'entraide organisé par la Société canadienne de la sclérose en plaques.
J'ai repris ma vie en main, et je suis plus heureuse. Il faut voir les choses
que l'on peut faire et non ce que l'on n’est plus capable de faire.


